Un article pour les Meusiens qui sont délaissés dans mon blog, c'est un Noël qu'on chantait autrefois dans le Barrois

Noël

Ç'atôt in jo de Noé
Trôch quètre (h)ôres èprès l'soper
Que la bounne Vîrge Mèrie,
Dèdos ine bâgerie
Par in tops moyt morfondeuy
Mit au moun'de l'ofant Jaseuys.

Saint Joson à doys genoys
N'avanse assez d'sos doys oils,
Po reuyter l'divin ofant,
Lo fils don Diou dos vivants
Qui cwèche sa divinité
Pa-d'ssous son humanité.

Los bâgers v'nint pa dozaines
Li appoûter sos ètrennes,
Los yinks dos p'mmottes et dos pwêres,
Los autes appoutint à bwêre,
Los autes, in poutot d'laycêge,
Ine quiche avou don froumêge.

Lo diable en ost mout fèché
De se voû si rekeugné
Dins lo fin foun'd dos enfers,
I sauveut sin s'er'tourner.
Pa ma foû, ç'ost bin fât (bis).

C'était un jour de Noël,
Trois quatre heures après le dîner
Que la bonne Vierge Marie
Dans une bergerie
Par un temps bien morfondu
Mit au monde l'enfant Jésus.

Saint Joseph à deux genoux
N'eût (pas) assez de ses deux yeux,
Pour regarder le divin enfant,
Le fils du Dieu des vivants
Qui cache sa divinité
Par-dessous son humanité.

Les bergers venaient par douzaines
Lui apporter ses étrennes,
Les uns des pommes et des poires,
Les autres apportaient à boire,
Les autres, un pot de laitage,
Une quiche avec du fromage.

Le diable en est bien fâché
De se voir si sali
Dans le fin fond des enfers,
Il se sauva sans se retourner.
Par ma foi, c'était bien fait (bis)

Recueilli par L. Uriot, Pays Lorrain 1913 (p 769)