Patois de Domèvre-en-Haye

     Lo côp-ci, cè s'rè eune chanson di cougnot d'Taw. Lè chanson-lè, les gens don folk lè counnohh'teu bin, surtout les çaws qu'ècawtint lo groupe Idyll dos les ennêyes 80 (disque 'paw d'pôtience). C'étôt eune chanson d'lè Rèvolution conte les nobles et les riches. Auj'd'(h)oy, ç'ost pou des gens que, comme note bon Coliche, dèpèn'teu 37000 euros pou pesser eune noytie dos in (h)ôtel. Ç'ost nous que pèyos et ç'ost zaws que dèpèn'teu. Et cè s'rè toujous anlè tant que je l'vouros bin.

Patois d'Andilly

     Nous autes paysans

È vous, bés gens d'Taw ! / N'y è longtops qu'veus n'moquèz ; / Veus n'traîtèz toujous d'faws, / Quand j'allons d'ssus lo merchè. 

Veus n'hoûyèz groûs pè'isans / Quand èvaw vous j'discutons ; / Veus n'montrèz auss'toût vos dents, / Qu'sont aussi longes qu'dos fourchons.

J'n'èvons-m' d'beaux (h)èbèts ; / je n'poutons jèmâs qu'los çaws dos champs ; / Je n'ressemblons-m' aux gens d'lè velle, / Mâs... je n'devons rin aux merchands.

Veus peuvèz èwi dos bés pleumêges, / Mâs... n'fèyèz-m' tant los errogants ; / Los dindons qu'sont dos loûs kêges / En ont auss' bin trente fwès auss'tant.

V'èvèz p't-ête dos bés carrosses, / Mâs... n'f'yèz-m' tant los fringants ; / Mout sovot ç'n'ost qu'dos rosses / Que n'serint motte los pîds d'vant.

Si v'èvèz eune bée fèmille, / N'fèyèz-m' trop los pédants ; / Je n'sons-m' si difficiles / Mâs... ç'ost d'nous qu'sont noûs ofants !

Léopold Bouchaud, Pays Lorrain 1932, page 278

 

     Cette fois-ci, ce sera une chanson du Toulois. Cette chanson-là, les folkeux la connaissent bien, surtout ceux qui écoutaient le groupe Idyll dans les années 80 (disque un peu de patience). C'était une chanson révolutionnaire contre les nobles et les riches. Aujourd'hui, elle est pour des gens qui, comme notre bon Nicolas, dépensent 37000 euros pour passer une nuit dans un hôtel. C'est nous qui payons et ce sont eux qui dépensent. Et ce sera toujours ainsi tant que nous le voudrons bien.

     Nous autres paysans

À vous, beaux gens de Toul ! / Il y a longtemps que vous nous moquez ; / Vous nous traîtez toujours de fous, / Quand nous allons sur le marché.

Vous nous appelez gros paysans / Quand avec vous nous discutons ; / Vous nous montrez aussitôt vos dents, / Qui sont aussi longues que des fourchons.

Nous n'avons pas de beaux habits ; / Nous ne portons jamais que ceux des champs ; / Nous ne ressemblons pas aux gens de la ville, / Mais... nous ne devons rien aux marchands.

Vous pouvez avoir de beaux plumages, / Mais... ne faites pas tant les arrogants ; / Les dindons qui sont dans leurs cages / En ont vraiment trente fois autant.

Vous avez peut-être de beaux carrosses, / Mais... ne faites pas tant les fringants ; / Bien souvent, ce ne sont que des rosses / Qui ne sauraient mettre les pieds devant.

Si vous avez une belle famille, / Ne faites pas trop les pédants ; / Nous ne sommes pas si difficiles / Mais... c'est de nous que sont nos enfants !

Léopold Bouchaud, Pays lorrain 1932, page 278